Description générale
Nous avons calculé les évolutions des températures minimales annuelles, moyennes annuelles et estivales, maximales annuelles (en °C), ainsi que celles des précipitations annuelles et estivales (en mm), entre les périodes 1961-1990 et 1991-2020. Les cartes ont été produites par interpolation des anomalies mesurées sur les séries homogénéisées des postes de Météo France utilisées pour réaliser les modèles de températures et de pluie décrits dans la thématique « climat ». Cette méthode a été préférée à la soustraction des modèles agrégés pendant les deux périodes concernées, ce qui risquerait de générer localement du bruit en combinant les incertitudes des modèles réalisés sur chacune des périodes. Les températures sont moyennées entre les mois concernés tandis que les pluies sont cumulées sur les périodes concernées.
Des séries climatiques complètes sur la période 1961-2020 ont été utilisées, issues de postes Météo France dont la localisation est connue. Bien que moins nombreuses que les séries classiques, une préférence a été accordée aux séries homogénéisées (Gibelin et al., 2014) car elles sont corrigées d’un certain nombre de biais ou d’erreurs potentielles (changements de localisation, changements de matériel, d’occupation du sol, etc.). Des valeurs non homogénéisées ont cependant parfois été utilisées pour compléter les séries anciennes sur les périodes récentes, après vérification de la cohérence des données. Ainsi, 267 séries complètes ont été utilisées pour réaliser les cartes des températures minimales, 236 pour les températures moyennes, 272 pour les températures maximales, et 1030 séries pour les précipitations. Pour chacun des postes, la moyenne de la variable considérée a été calculée pour chacune des périodes, puis l’évolution entre les deux périodes calculées. Ces valeurs ont ensuite été krigées afin de produire des cartes au pas kilométrique sur la France métropolitaine. Ces cartes permettent de caractériser les changements de climat et peuvent être reliées à des dynamiques forestières observées (changements de productivité, dépérissements, mortalité). Ces évolutions, qui peuvent être calculées de différentes manières ont par exemple montré un caractère explicatif important vis-à-vis de la mortalité d’arbres (Taccoen et al., 2019, Carletti et al., 2026)
Principales limites d’utilisation
L’estimation des variables climatiques sur les postes est empreinte d’une incertitude, qui peut varier d’un poste à l’autre, et dans le temps. L’utilisation de séries homogénéisées permet de réduire cette incertitude, mais le processus d’homogénéisation peut conduire à un lissage des valeurs extrêmes. Le complément avec des morceaux de séries non homogénéisées peut également introduire du bruit. La quantité et la localisation des séries climatiques utilisés en intrant est également fondamentale. Du fait du nombre de postes mis en œuvre, les cartes permettent de montrer les grandes tendances d’évolution, mais des variations plus locales, si elles existent, peuvent ne pas être restituées. Cela est particulièrement vrai pour les températures du fait d’un nombre de séries disponibles plus réduites que pour les précipitations. Les évolutions mises en évidence peuvent changer dans le temps, selon la période de l’année mais aussi au fil des années. Cela est particulièrement vrai pour les précipitations dont l’évolution est très variable dans l’espace et dans le temps. Les cartes réalisées donnent donc une vision partielle, uniquement valide pour les périodes concernées. Du fait des données et des méthodes mises en œuvre, ces cartes ne reflètent pas la dynamique des évènements climatiques extrêmes.
Les références bibliographiques
Gibelin, A.-L., Dubuisson, B., Corre, L., Deaux, N., Jourdain, S., Laval, L., Piquemal, J.-M., Mestre, O., Dennetière, D., Desmidt, S., Tamburini, A., 2014. Évolution de la température en France depuis les années 1950. Constitution d’un nouveau jeu de séries homogénéisées de référence. La Météorologie, 87, pp. 45-53.
Taccoen, A., Piedallu, C., Seynave, I., Perez, V., Gégout-Petit, A., Nageleisen, L.-M., Bontemps, J.-D., Gégout, J.-C., 2019. Background mortality drivers of European tree species: climate change matters, Proc. R. Soc. B, 286 (1900).
Carletti, H., Caloin, M., Joetzjer, E., Marçais, B., Gégout, J.-C., Piedallu, C., 2026. The long-term decrease in extreme cold events is a key factor in the increased mortality of Norway spruce and silver fir, Agricultural and Forest Meteorology, 384-1.