Description générale
Valeur moyenne mensuelle du Bilan Hydrique Climatique (BHC) moyenné sur une période donnée, issu de la version 4 de la base Digi-clim (base Digitalis). Le BHC cherche à estimer la quantité d’eau disponible pour les plantes (en mm), une fois les besoins en évaporation et en transpiration satisfaits (Piedallu et al., 2013). Il est calculé par la différence entre les précipitations (P) et l’évapotranspiration potentielle (ETP estimée selon la méthode de Turc (1961)). Les cartes mensuelles sont au pas kilométrique et sont disponibles depuis 1961 dans l’espace de téléchargement. Les cartes de BHC estivales ou annuelles moyennes sur la période 1991-2020 sont disponibles en visualisation.
Les composantes élémentaires (rayonnement solaire, températures, ETP et précipitations) nécessaires au calcul sont modélisées mois par mois selon une méthodologie propre à chacune d’entre elles et sont décrites dans le portail SILVAE. Les BHC sont ensuite calculés mois par mois et moyennés par saison, pour l’année, ou sur de plus longues périodes. Les valeurs sont positives lorsque les pluies excèdent l’évaporation et la transpiration, ce qui est généralement le cas en hiver, et elles sont négatives lorsque l’ETP augmente, en été, et particulièrement dans les climats chauds. Cette variable présente l’intérêt de combiner les effets des températures et des précipitations, ce qui est particulièrement important pour le suivi temporel de la ressource en eau en contexte de changement climatique
Principales limites d’utilisation
Chacune des composantes du BHC (rayonnement solaire, température, précipitations) a été validée séparément avec un jeu de données indépendant, permettant de déterminer la qualité des prédictions à l’échelle de la France, mais valider les valeurs de BHC reste complexe. Des tests de capacité prédictive ont été réalisés afin d’estimer la pertinence biologique de ces données à prédire la distribution ou la productivité des essences par exemple (Piedallu et al., 2016, 2018). Ces tests permettent de comparer les performances du BHC à celles de variables élémentaires telles que les précipitations. Le calcul du BHC est une estimation de l’eau disponible pour les plantes très simplifiée, qui ne prend pas en compte de nombreux paramètres, au premier rang d’entre eux la capacité du sol à stocker l’eau ou les flux d’eau dans le sol. Le plus souvent, les déficits hydriques sont exagérés par rapport à la réalité. D’autre part, les données de base sont issues de modèles présentant des imprécisions non homogènes dans l’espace, qui peuvent se cumuler lors de leur assemblage. Il est probable que la pertinence des estimations diminue avec l’emprise considérée, et que, localement, les valeurs ne soient pas cohérentes avec la réalité, particulièrement en zone de transition ou de montagne. D’autre part, une forte variabilité des conditions peut exister au sein d’un pixel d’1 km, du fait de variations locales principalement induites par la topographie.
Les références bibliographiques
Piedallu, C., Gégout, J.-C., Perez, V., Lebourgeois, F., 2013. Soil water balance performs better than climatic water variables in tree species distribution modelling. Global Ecology and Biogeography, 22 (4), pp. 470-482
Piedallu, C., Cheret, V., Denux, J.-P., Perez, V., Azcona, J.-S., Seynave, I., Gégout, J.-C., 2019. Soil and climate differently impact NDVI patterns according to the season and the stand type. Science of the Total Environment, 651 (Part 2), pp.2874-2885.
Piedallu, C., Gégout, J.-C., Lebourgeois, F., Seynave, I., 2016. Soil aeration, water deficit, nitrogen availability, acidity and temperature all contribute to shaping tree species distribution in temperate forests. Journal of Vegetation Science, 27 (2), pp. 387-399